Un mois depuis la fois précédente où j’y étais allé. C’est pas comme si cela m’embêtait, mais la maison et la famille où j’ai grandi me manquaient tous deux.
Ces derniers mois, voir ces dernières années, j’avais eu tendance à préférer rester dans mon coin, à l’autre bout de la france, pour travailler bien tranquillement, avec des horaires flexibles, habitant à côté de mon boulot et pouvant travailler de chez moi. Lyon, c‘était quand même le pied, la ville est belle, grande, il y a plein de gens sympa, je m’y suis fait des amis, et je dois le dire, je m’y sentais bien.
Le TGV file à travers champs, vallons, tunnels, la pluie tombe sur les vitres et le temps est pourri. Comme d’habitude depuis trois semaines, à croire que le soleil a pris ses vacances cette année. Je réfléchis à tout ce que j’ai vécu, et à ceux qui attendent impatiemment que j’arrive à Dunkerque. 8h30, le soleil ça aurait fait beau, mais non, dans la correspondance à Lille, j’attend dans la gare, la pluie dehors n’arrêtait plus.
Les écouteurs sur les oreilles, je ne prête pas d’attention aux gens, mais je remarque que certains d’entre eux étaient pâles. Ahah, encore une rechute de la grippe aviaire, elle nous enterrera tous !
Je monte dans le TER. Dans une heure je suis arrivé. Là encore, dans le train, on dirait que tout le monde a la crève. J’espère ne pas la chopper, pour la refiler à toute ma famille après, non merci. Je sombrais dans le sommeil, pour me réveiller au passage à la gare de bergues. Bien, j’suis arrivé dans dix minutes, il est 9h50, j’suis chez mes parents dans une heure max.
Il pleut toujours, le ciel se fait menaçant, comme si l’orage allait éclater. Je descends du train, je vais à l’arrêt de bus. Peu de monde dehors, tiens … Bah, vu le temps … Le bus arrive. Vide. Le chauffeur semble étonné de me voir, me dit quelque chose. Je monte et me met au fond. Putain de temps de merde. Le chauffeur roule. Je le vois me jeter des coups d’oeil bizarres, mais bon, pas grave, c’est pas comme si ça m’arrivait tous les jours…
Je descends aux goëlettes. Des loubards sont à l’arrêt de bus, et me regardent eux aussi bizarrement, je fais pas gaffe et monte l’escalier vers chez mes parents. Je tape à la porte. Aucune réponse. Je tape à nouveau. Ca s’entrouve. Ma soeur m’aperçoit, m’observe, ouvre grand la porte, regarde aux alentours, me tire par la manche en disant “Entre vite !”. Je dis bonjour, et je demande pourquoi cet accueil.
“Tu n’as rien vu ? Et les infos ?”, me demande ma mère.
“Euh, non, j‘écoutais de la zik.”, répond-je sans sourciller.
“Bon … c’est bizarre … mais régulièrement, depuis 4h du matin, y a des mecs qui choppent des maladies qu’ont disparu… genre peste, choléra, tout ça, même ceux qui sont vaccinés ! Et ces mêmes gens se mettent à attaquer tous ceux qu’ils croisent…”
Je les regarde, l’air de pas comprendre, de me demander si c’est une blague. Mais ils soutiennent mon regard. J’ai une soudaine migraine. Mais ça passe vite, puis je leur demande si je peux me changer, car je suis trempé. Ma mère déballe mon sac et me sort des affaires de rechange pendant que j’enlève mes chaussures et ma veste. Puis je prend mes affaires de rechange.
Je monte à l‘étage. Mon frère est dans ma chambre d’avant, en train de jouer à la PS2. Mouais, ça, ça change pas. Je m’enferme dans la salle de bain. Je retire mes vêtements et je vais dans la douche. Je commence à siffloter, en repensant à ce qu’on vient de me dire. On se croirait dans un film catastrophe pour un peu. Ça peut pas être si grave que ça, j’aurais vu plus de choses que ce que j’avais vu.
A nouveau un vertige. Putain, saleté de temps. Je finis ma douche, me rhabille, puis je sors. Je m’apprête à discuter avec mon père quand une quinte de toux me prend. J’ai du sang sur ma main.
“Désolé” sont les derniers mots que j’ai entendu de ma bouche. Puis plus rien.
PS : Oui oui j‘écris nawak, le style est naze, c’est du revu 500 fois, mais j’avais envie, et c’est mon blog, na :p










