Une soirée comme une autre …

La pluie tombait sur la paroi fine et transparente qui me séparait du froid de l’hiver.

Deux ans que j‘étais arrivé ici et déjà je m‘étais lassé. Non pas que le climat soit en cause. Je ne m‘étais juste jamais fait à ce qui était arrivé depuis que j‘étais ici. C‘était différent avant le Changement. Des gens simples, des guerres mortelles mais simples …

Tout avait commencé quand une comète avait heurté le soleil. D’après les scientifiques de l‘époque, rien à craindre, les différentes expositions prolongées qu’allaient subir les gens n’auraient aucune conséquence. Etaient-ils au courant ? Sommes nous tous le fruit d’une volonté d’expérimentation ? Toujours-est-il qu’un blackout de trois jours eut lieu lors de la collision entre la comète et le soleil, qui entra dans une grande série d‘éruptions solaires, baignant notre planète polluée de rayonnements divers et variés. Je ne suis pas scientifique, mais 10 ans plus tard les effets se montraient. Beaucoup de gens développaient des capacités pas normales, parfois horribles, souvent incontrôlables.

Les gouvernements comme les dirigeants religieux réagirent comme n’importe qui : ils eurent peur. Pendant un temps les Changés étaient poursuivis, traqués, marqués… Et finalement devant leur nombre croissant, certains pays décidèrent de les accueillir, et formèrent des unités de flics doués de capacités extra-normales. Pour ma part, ça a commencé y a 8 ans. Ma famille aurait pu me dénoncer, mais ils ne l’ont pas fait. Je ne saurai jamais pourquoi, puisque je suis parti …

Il fallait que je sorte acheter des clopes. Foutus salauds de fabricants de cigarettes … Le prix était immense, mais je n’arrivais pas à arrêter. Pire j’en avais besoin. La dépendance à la cigarette s‘était développée depuis toutes ces années. Je ne pensais pas pouvoir m’en débarasser un jour. Je sortai de mon appartement, l’imper enfilé en vitesse dans les vieux escaliers de mon immeuble décrépit. J’ouvrais la porte en un grincement, et aussitôt j’entendis la pluie. Je marchais en hâtant le pas, et décidai de prendre un raccourci. Une petite ruelle parisienne comme y en a plein, avec juste de temps à autre des clochards.

Je marchais dans une flaque et jurait, je venais de salir mon pantalon. Quand je relevais les yeux, la ruelle était beaucoup plus sombre, et en quelques secondes je ne vis plus rien. J’attendis, cherchant à savoir combien il y en avait. Je concentrais de l‘énergie dans ma main droite, et un nouveau sens me permit de “goûter” l’air, d’en absorber une partie, de le mettre en mouvement, de le chauffer et enfin une flamme jaillit de ma main vers l’une des créatures félines, faite d’ombre animée, qui s’apprêtait à me sauter dessus. Pendant ce temps, l’autre, surprise, me cracha dessus, et s‘élança à son tour. Mais j’avais l’habitude et une autre jerbe de flamme partit de main gauche ce coup ci et explosa sur la poitrine de la créature dont les yeux rouges me foudroyaient encore alors que comme l’autre elle s‘évaporait en se désagréageant, comme du vieux papier journal, dans les airs. La ruelle regagna sa clarté habituelle, et je regardais ma montre.

20h55. Putain, ce con de tabac allait fermer, j’avais plus qu‘à marcher un peu …

Ce billet a été posté le Mardi 10 juin 2008 ?> et est classé dans Plume. Vous pouvez suivre les commentaires pour ce billet via le flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou un trackback depuis votre propre site.

2 comments

Escaliers a réagi à ce billet :
 1 

nice article

Le Mercredi 02 juillet 2008
glooze a réagi à ce billet :
 2 

Euh, certainement, mais je préfère les commentaires en français :)

Et puis, je vis en appartement sur un seul étage. Je n’ai pas besoin d’escaliers, merci :)

Le Jeudi 03 juillet 2008

Laisser un commentaire

Nom (*)
Mail (ne sera pas publié) (*)
Site
Commentaire