Pérennité et importance de vos données

Dimanche 09 novembre 2008 par glooze. Classé dans Le reste du monde libre, Plume | 4 commentaires »

Pour réagir à un billet de Tristan Nitot, j’ai pris le temps de réfléchir un peu à tout ça. Et utiliser des logiciels libres ou alors des logiciels privateurs (voir ce billet) peut complètement bouleverser l’ordre d’importance données/logiciel et grandement changer la pérennité de vos données.

Dans le monde privateur, sauvegarder uniquement vos données n’est pas utile si vous perdez le logiciel pour les lire. Ainsi, le logiciel devient aussi important que les données car sans lui, point de lecture de vos données, enregistrées pour 90% des logiciels privateurs dans un format tout aussi privé. Bien sur, certains permettent l’enregistrement dans d’autres formats, mais les utilisateurs peu avertis ne verront pas de raisons pour enregistrer leurs données dans un de ces autres formats, se disant que le format par défaut marche très bien. Le logiciel disparait ? Vos données aussi ! Exemple de la NASA, qui n’a plus le lecteur adéquat pour relire ses bandes originales de l’enregistrement de l’homme sur la lune ! L’entreprise fabriquant les lecteurs de bande en question a fait faillite il y a bien longtemps, et quand leurs lecteurs sont tous tombés en panne, et bien plus personne ne pouvait lire ces documents d’archives.

A l’inverse, dans l’univers du logiciel libre, la totalité des logiciels savent enregistrer vos données dans des formats libres et ouverts, et ces formats sont dans 99% des cas le format de sauvegarde par défaut ! Ainsi, il y a bien souvent plusieurs logiciels qui savent relire vos données, et s’ils ne restituent pas parfaitement vos données parfois, à cause de fonctionnalités manquantes qui les empêchent de rendre les données exactement comme le logiciel d’origine, au moins vous pouvez accéder à vos données. Aucune société derrière la majeure partie des logiciels libres, et comme c’est libre n’importe quel développeur que vous pourriez payer pourrait développer un logiciel neuf pour relire vos données dans le cas fortement improbable où vous n’auriez plus accès à un logiciel qui puisse lire vos données enregistrées dans un format libre, ouvert, documenté.

Pour moi le logiciel n’a que peu d’importance, tant qu’il enregistre mes données dans un format que d’autres logiciels peuvent comprendre. Donc je ne peux que vous conseiller, que vous soyez sous Windows ou Mac OS X, d’utiliser des formats libres le plus souvent possible, afin d‘être sur dans quelques années de pouvoir relire vos documents !

Réflexions de réflexions

(Réflexions)

Conséquences climatiques …

Vendredi 24 octobre 2008 par glooze. Classé dans Plume | 2 commentaires »

La neige tombait comme si une divinité froide voulait recouvrir le monde de blanc. Le vent était aussi de la partie, et depuis quelques jours c‘était la tempête, et les rafales balayaient les passants, aidant le froid à passer les épaisseurs de vêtements, futiles face à dame Nature et sa volonté implacable. Ce temps n‘était d’ailleurs pas “normal”, depuis quelques mois tout se détraquait. Et ça ne se limitait pas à la météo : tout foutait le camp.

Pour ma part, mon gros anorak, ma cagoule et mes lunettes, ainsi que mes chaussettes de ski qui montaient jusqu‘à mes genoux, tout cela me protégeait assez bien. Je n’aurais pas dit non à un bon feu, et j‘étais encore loin de chez moi. Les bus ne circulaient plus, les tramway de même. Seul le métro fonctionnait encore, mais rencontrer la cohue liées à l’abscence des deux autres modes de transport me terrifiait.

Je devais me rendre au parc de la tête d’Or, depuis Gerland, et comme je n’avais pas d’autres choix, je marchais. Chose très peu agréable quand le ciel menace de vous tomber sur la tête, et l’heure qu’il me fallut pour y arriver me parut durer une éternité. J’espérais que mon rendez-vous n’allait pas être énervé à cause de mon retard. Je devais en effet retrouver Lucie vers midi, et je savais qu’il devait être au moins 13h. C’est qu’en plus, ça s‘énerve vite, les femmes.

Et ce fut effectivement une boule de nerf qui m’accueillit.

“Mais où tu étais passé bordel ? T’es en retard !”, cria-t-elle pour se faire entendre malgré le vent.

Je lui fis signe de me suivre, et nous nous dirigeâmes vers le passage sous le lac pour atteindre l‘île du souvenir, sachant que le vent couvrirait moins nos mots là bas. Enfin, surtout, j’avais un mal de gorge horrible et crier était bien la dernière chose que je voulais faire. Une fois arrivés, alors que je l’eus précédé, elle reposa sa question.

“Bon, tu vas finir par dire un truc ?”

“Ouais ouais, salut, moi aussi je vais bien.” répondis-je sur un ton moqueur.

La baffe qui suivit était prévisible, et je l‘évitai, car malgré sa taille fine, ses courbes élancées, son joli minois et ses magnifiques yeux verts, elle était capable de m’arracher la tête. Au propre comme au figuré.

“Tu sais que je t’adore quand tu t‘énerves ? Tu deviens toute rouge et je te trouve charmante.”, continuai-je. “On dirait ma soeur.”

Elle vira au rouge, mais se retint et attendit mes explications.

“Bon, c’est simple, les autorités disent de ne pas s’inquiéter, que ce mauvais temps ne durera pas, mais une tempête de neige de plusieurs jours en été ne les inquiète pas plus que ça. Les pillages commencent, bien que la police intervienne aussi souvent qu’elle peut. Autrement, ils nous disent de rester chez nous, et de patienter.”

“Hein ? Et c’est tout ?”, s‘écria-t-elle, abasourdie.

“A peu près. Ce climat pourri ne semble pas toucher le sud de l’Afrique, encore. On pourrait y aller.”.

Je sortis deux billets d’avion pour Le cap, capitale de l’afrique du sud.

“Qu’est-ce que t’en dis ? On reste ici sachant que ça va être le bordel, où on tente de se casser ailleurs voir si l’herbe est encore visible ?”

Je prononçais ces derniers mots en regardant hors du passage. Le paysage étant recouvert d’une épaisse couche de neige, une bonne trentaine de centimètres. C‘était le cas dans la quasi totalité de l’Europe, des Etats Unis, de la Chine (où les morts étaient déjà millions …), et seul l’hémisphère sud semblait épargné.

“Pourquoi pas. Ça peut pas être pire qu’ici.”, me dit-elle à l’oreille.

Elle m’attrapa et me tira vers la sortie côté cité internationale. Nous nous dirigeâmes vers la gare, prîmes le bus, et une fois à l’aéroport, une heure plus tard, on partait. Les avions classiques ne partaient plus, mais des avions spéciaux de l’armée, utilisés en antarctique pour ravitailler les stations de recherche.

C’est alors que j’assistais, quand nous atteignîmes le continent africain, en regardant la nuée blanche par le hublot, à un spectacle plutôt inhabituel. Une énorme masse d’avions semblables au nôtre étaient visibles au loin. Nous étions loin d‘être les seuls à venir nous réfugier ici …

Petite synthèse des systèmes de jeu de rôle

Lundi 20 octobre 2008 par glooze. Classé dans Jdr, Plume | 2 commentaires »

Loin de moi l’idée de décrire la philosophie derrière tel ou tel système. Le but de ce billet est juste de faire un constat sur toutes les mécaniques courantes de résolution d’actions que l’on peut trouver dans le jeu de rôle. Oui, je sais que l’article sur Wikipedia est bien fait, mais qu’importe.

Ce qui m’occupe ici, c’est de pouvoir, de la manière la plus exhaustive possible, décrire un système de résolution d’action et de gestion de personnage. Malgré les spécificités liées à l’univers, les mêmes mécaniques reviennent tout le temps, que ce soit dans le système ou dans la manière de gérer le personnage et son évolution.

Voyons les choses qui peuvent varier d’un système à l’autre du point de vue du système lui même tout d’abord, la gestion de personnage (ainsi que la gestion des combats et des dommages) étant prévue pour plus tard.

La dose d’aléatoire

Première chose qui peut changer d’un système à l’autre : la présence de l’aléatoire, souvent introduite par notre ami le dé (et parfois par d’autres choses comme les cartes à jouer où un système de pioche de jetons).

De 0 (système sans dés) à 100 (système Chaosium) en passant par le d20 (D&D, etc…), le dé est déjà une grande variable du système. Les échelles changent complètement selon le type de dé et le nombre lancé. Le nombre change d’un système à l’autre et même d’un personnage à l’autre dans certains jeux.

La lecture du jet de dé

Plusieurs manières d’interpréter un jet existent, indépendamment du nombre de face du dé.

  • Somme : On fait la somme des valeurs du (ou des) dé(s), parfois ajoutée à une caractéristique, une compétence, ou un modificateur. La réussite dépend alors de la méthode de résolution d’action.
  • Seuil : on compare la valeur de chaque dé indépendamment par rapport à un seuil. Pour compter les réussites, cela dépend de la méthode de résolution d’action.
  • Groupements : On prend la plus grande valeur entre le dé le plus grand, la somme de dés identiques (2-2, 1-1-1-1, etc …), ou la somme d’une série de X dés ou plus dont la valeur se suit (4-5-6 par exemple).
  • Différence : On calcule la différence entre deux dés.

Ces différentes manières d’interpréter les valeurs des dés ne sont pas exhaustives, il y en d’autres. De plus, parfois, dans certains jeux, il y a des spécificités que l’on retrouve dans plusieurs jeux différents.

Petites différences et spécificités dans les jets

  • Dé relancé : Soit un dé particulier, soit un nombre de dés dépendant du personnage. On peut relancer un dé en particulier dont le résultat ne nous plait pas. Par exemple, cela peut dépendre d’un avantage dans beaucoup de jeux, ou du principe de relances positives/négatives du JR Système, le système de jeu d’un ami.
  • Dé explosif : Quand un dé arrive sur la valeur maximum, on le relance et on ajoute la seconde valeur à la première, on appelle cela un dé explosif. Selon les systèmes, cela peut-être un dé particulier ou alors tous, selon des conditions dépendantes du système de jeu. Dans Capharnaüm, il n’y a qu’un seul des dés qui explose, le dé Dragon. Dans la gamme de jeux du Monde des Ténèbres, les dés explosent toujours sur un dix, sauf si l’on a pas la compétence liée au jet.
  • Dé nul : Une ou plusieurs des valeurs du dé valent 0. Dans Kuro, par exemple, le 4, qui se prononce Shi en japonais, signifie la mort. Un 4 sur un jet vaut zéro et ne s’ajoute pas à la somme des dés du jet.
  • Roll & Keep : dans certains systèmes, on lance un nombre X de dés, mais on ne choisir que les Y meilleurs. Par exemple, le système de L5R est un système à somme, mais avec la spécifité de fonctionner en roll&keep. On lance Carac+Compétence dés, mais on ne garde qu’un nombre de dés égal à Carac.

Et c’est tout ?

Non ! Maintenant qu’on voit les différentes manières d’interpréter les jets, il faut déterminer, en fonction de ça, si l’action est réussie ou non, et les marges de réussite ou d‘échec !

Système de résolution d’action

Pour cela, en fonction du résultat du jet, on suit le principe d’un système de résolution d’action, et l’on sait alors si l’action est un succès. Chaque action, en fonction de sa nature, des capacités que le personnage a, est associée à une difficulté. En somme une valeur donnant la difficulté de l’action sur une échelle allant de super facile ou complètement impossible (voir plus loin).

Il y a, là encore, beaucoup de systèmes différents mais plusieurs sortent du lot et sont utilisées très souvent :

  • Seuil de difficulté à (ne pas) dépasser : Souvent lié à une lecture de type Somme du jet de dés, et parfois à une lecture de type Différence. Si la somme (ne) dépasse (pas) un seuil de difficulté, l’action est réussie. Sinon elle échoue.
  • Nombre de réussites à obtenir : Souvent lié à une lecture de type Seuil du jet de dés. Selon les systèmes, pour chaque dé qui (ne) dépasse (pas) un seuil défini, on compte une réussite. Sinon on ne compte rien. Il suffit alors de comparer le nombre de réussites au nombre de réussites requises pour que l’action soit un succès.

La encore, ce n’est pas exhaustif, il y a des systèmes plus exotiques, mais la majorité des systèmes fonctionnent avec une des deux méthodes de résolution ci-dessus.

Calcul de la marge de réussite (ou d‘échec)

Il ne suffit pas de savoir si un personnage a réussi ou raté une action. L’a-t-il réussie (ou ratée) de peu, ou alors a-t-il vraiment assuré ? Pour ça, il faut calculer la marge de réussite ou d‘échec.

  • Différence : On calcule la différence entre la difficulté et le résultat du jet. Si l’action est réussie, plus on est loin du seuil de réussite, plus la marge de réussite est grande, plus on est proche plus elle est faible. C’est évidemment la même chose pour l‘échec. Un échec à un point du seuil est plus faible qu’un échec à 10 points du seuil.
  • Paliers : semblable à la différence, sauf que pour connaitre la marge (de réussite ou d‘échec), on reporte la différence entre le résultat du jet et la difficulté.

Conclusion

Vous voyez, finalement, malgré quelques spécificités, il n’y a pas 36000 méthodes pour interpréter un jet de dés, compter le résultat, et en fonction de ce dernier déterminer si l’action est réussie ou non et la marge. J’aurais du, pour être complet, aborder la gestion des combats et des dégâts en et hors combat, mais ça sera pour un prochain billet.

Toutes ces listes ne sont pas exhaustives, je le répète, mais malgré tout une majorité de systèmes de résolution d’action de jeux de rôle du commerce peuvent être décrits avec les éléments de cette liste.

La suite bientôt.

Une histoire de coeur

Mercredi 09 juillet 2008 par glooze. Classé dans Plume | Aucun commentaire »

Hegyath n’aimait pas la mer et la mer le lui rendait bien. Le voyage n’avait pas duré longtemps, mais il n’avait déjà plus rien dans l’estomac, il avait tout rendu à l’océan. Et le voilà, sur les côtes de Vvarfendell, sous une pluie battante, et un orage qui menaçait d‘éclater à n’importe quel moment.

Tel Branora était comme dans ses souvenirs. Horrble. Il était dunmer, mais il n’aimait pas pour autant l’idée de construire des habitations de cette manière, surtout que les plantes du coin étaient, disons … moches. Il faut savoir que les dunmers, avec les plantes locales et de la magie, construisent des villages entiers avec des plantes, des arbres, des fleurs … Le seul soucis étant que cette croissance n’est pas naturelle, et déforme donc la plante d’origine. Souvent le résultat est minable.

Bref, pour faire simple, c’est laid, à gerber, et s’il n‘était pas sorti d’un bateau et qu’il avait encore eu quelque chose dans le ventre, il aurait eu du mal à se retenir. Et alors qu’il avançait sur les ponts verdoyants de la petite cité forestière, il repéra la chaîne de montagnes qui l’intéressait, à une bonne heure de chevauchée, au moins. Et comme il n’avait pas de cheval, et qu’il avait faim, il acheta quelques vivres à l‘épicier du coin, un nordique donnant dans la parlotte. Hegyath se demandait bien comment un fier membre du peuple combattant du nord avait bien pu atterrir ici, mais il ne demanda pas.

Puis, après avoir tout rangé soigneusement dans son sac de voyage, il s‘élança. Le voyage ne fut que boue, braillards des falaises, rats, pluie, et parfois tonnerre et éclairs, car l’orage avait éclaté. Au bout de 4 heures de marche à rythme soutenu, il repéra les fameuses grottes. Mais laquelle était la bonne ? D’habitude, un tout petit signe, discret, attire l’oeil. Une branche cassée en petits bouts, une trace particulière dans le sol, des choses qui naturellement n’arrive pas, mais pas remarquables.

Il aperçut alors une grotte dont le plafond de l’entrée était marqué comme par des griffures très légères, à des endroits proches. De plus, ces griffures étaient parallèles, ce que des animaux ne font pas, car quand un animal griffe, il ne griffe quasiment jamais droit, et de plus, ses griffes ont tendance à se rapprocher lorsqu’il plie sa patte.

Il s’avança alors, mettant en évidence l’emblème de l’Ordre sur son manteau de fourrure trempé. Le boyau était sombre, humide mais moins qu‘à l’extérieur, et surtout il y faisait très froid. Il avança dix bonnes minutes, avant de tomber sur une silhouette humanoïde sombre qui lui souriait.

“Vous devez être Hegyath. Z’avez fait bon voyage ?” chuchota le Breton en agitant les mains.

“_ Pas vraiment. J’aime pas prendre le bateau, et encore moins être dehors, sous l’orage. Mais j’ai vu pire, donc j’vais pas me plaindre. Y a un peu de chaleur quelque part dans le coin ?”

“_ Oui oui, je m’en occupe.”

Il finit d’agiter les mains et Hegyath fut tout sec, ressentant même de la chaleur. Mais le froid de l’extérieur se faisait encore sentir.

“ Venez, je vous amène dans notre maigre village.”

Et il fit signe au dunmer de le suivre. Ils marchèrent pendant une petite heure, avec pour seule lumière une vieille torche qui n‘éclairait pas fortement les couloirs. Des marches, un élévateur. Ils s’enfoncaient dans la montagne mais cela n‘étonnait pas Hegyath, tous les sanctuaires de l’Ordre étaient basés sur le principe “Pour vivre heureux vivons cachés” et y avaient ajouté “et loin sous la surface”. Et effectivement, ce principe était rigoureusement appliqué par tous les membres de l’Ordre.

Ils arrivèrent enfin dans le village souterrain. L’odeur nauséabonde du boyau de l’entrée était beaucoup moins présente ici, ainsi que l’humidité qui s‘était également fait moindre. Comme il en avait l’habitude, les bâtiments étaient plus taillés dans les murs et dans le sol que construit, et c‘était logique, amener des pierres et du bois de l’extérieur, cela aurait été remarqué. La pierre des bâtiments étaient néanmoins polie, souvent gravées du nom de la famille y habitant. Son guide l’amena jusqu‘à l‘église de pierre, elle aussi taillée dans le mur et le sol de la grotte. Il s’arrêta devant et fit signe à Hegyath d’entrer.

A l’intérieur, peu de fioritures, un feu, des bancs de pierre, peu de décorations, et une statue des Tribuns dans le fond. Il y avait là plusieurs membres de l’Ordre, qui discutaient et mangeaient. Hegyath se rappelait quand le Tribunal était encore une religion majoritaire. Depuis que le Nérévarine avait prouvé que les Tribuns avaient obtenu leurs pouvoirs de l’Oblivion, tous s‘étaient mis à haïr les membres de l’Ordre. Quand bien même leurs pouvoirs venaient d’Oblivion, leurs intentions étaient pures ! Qui était ce Nérévarine pour penser pouvoir les critiquer et les destituer ?

Sentant une vieille colère refaire surface il se concentra sur ce qu’il avait à faire. Le coeur de Vivec avait été conservé après sa mort, et la puissance magique de Vivec s‘était concentré dans son coeur. On pouvait le ramener, le dunmer en était sur. Le chef de cette section de l’Ordre lui indiqua qu’il n’avait pas le temps de le recevoir tout de suite, et qu’il devrait se reposer. Ce qu’il fit. Il demanda à son guide, qui attendait à l’entrée, où il pouvait dormir, et il lui montra un bâtiment.

“Vous verrez, c’est confortable, c’est là qu’on accueille nos invités de marque !”

Et effectivement, à l’intérieur, repas déjà prêt, paillasse de bonne qualité, vêtements de rechange, et petit feu, tout cela était parfait après le voyage qu’il avait fait. C’est sans rêve qu’il dormit, et le lendemain, une enveloppe avec le sceau de l’Ordre se trouvait sur le sol à l’entrée. Il ouvrit et lut le parchemin.

“A deux journées d’ici, plus loin dans les terres, vers l’Ouest, se trouve des vestiges de la barrière intangible qui protégeait Vvarfendell des influences du domaine de Dagoth Ur. De vieilles ruines ayléïdes servent de cachette au groupe qui détient actuellement le coeur de Vivec. Méfie toi, ce dernier semble les doter de capacités meurtrières, au vu de l‘état des éclaireurs que nous avons envoyé. Ils sont revenus quasiment morts sans blessure externe.

Courage, l’Ordre est avec toi.”

Il y avait une signature connue à la fin de cette lettre. La signature du dirigeant de l’Ordre, le roi actuel de Morrowind. Le véritable roi, pas la marionette de l’Empire de Tamriel qu‘était Helset. Il brula le tout et sortit. Il prépara ses armes, demande quelques vivres, et sortit du repaire de l’Ordre de Tel Branora.

Il faisait jour, déjà, et le temps était au beau fixe. De la chaleur, du soleil, une petite bise, et un paysage déjà plus beau que de nuit sous l’orage. Il se mit en route en espérant que ça ne serait pas trop difficile de reprendre le coeur à ses possesseurs actuels, mais au fond de lui, il n’y croyait pas…

(suite une autre fois)

Sur les toits.

Mardi 01 juillet 2008 par glooze. Classé dans Plume | Aucun commentaire »

Une cloche retentit au loin, accompagnée d‘éclats de voix. Je savais qu’ils m‘étaient destinés, alors que prestement j’atterissais sur un toit proche.

La lune n‘était pas pleine, et masquée par des nuages. De plus il y avait peu de vent. J’avais attendu une nuit comme celle-ci depuis longtemps, car sans lumière, j’avais l’avantage de pouvoir profiter du moindre recoin pour me cacher aux yeux de mes poursuivants. On m’avait promis cher pour ce que je venais de dérober.

Je me stoppais derrière deux grosses cheminées qui me masquaient aisément, pour contempler l’objet. Une sorte d’oeuf géant, entièrement en or, incrusté de rubis et de saphir, des symboles étranges gravés sur le pourtour. Je ne savais pas à quoi ça pouvait servir ni pourquoi un bijoutier avait du réaliser cela (même si on l’avait payé car ce truc n‘était vraiment pas beau). Je me disais que de toute façon, tant qu’on me payait, peu m’importe que ce soit beau ou non. Je rangeais l’objet et m’apprêtais à repartir quand j’entendis un bruit. Le bout d’une arbalète dépassait de la cheminée à ma gauche. Je me figeai, attendant le bon moment.

Le reste de l’arbalète apparut, puis des grosses mains vertes, tremblantes. Lorsque vint la manche, et que l’arbalète n‘était toujours pas pointée vers moi je fus soulagé. Un débutant. La légion engageait n’importe qui depuis peu. Ce n’est pas comme si de pauvres légionnaires sous payés pouvaient arrêter un grand voleur comme moi. Je traînais à Almalexia, la capitale de Morrowind, depuis de longues années. J’avais déjà eu des soucis avec la Confrérie Noire, la Camonna Tong, enfin vous voyez, le genre d’organisation avec qui on aime pas avoir de problèmes. Par contre, la légion, jamais eu de soucis.

Alors que l’Orc (car c’en était un) avait le groin qui dépassait du profil de la cheminée, je fis une roulade, sortant ma dague. Surpris, il n’eut pas le réflexe de tirer, paralisé. J’en profitai pour remonter plutôt ma main vers sa figure, ce qui engendra un “crac” peu agréable à l’oreille, en le poussant du pied vers le bas du toit. Je m’accroupis ensuite de l’autre côté du toit, pour éviter tout carreau accidentellement tiré pendant la chute. Mais je n’entendis pas de chute, et je le vis se reprendre, remonter sur le toit, sans l’arbalète. Il dégaina une hache en hurlant “J’l‘ai trouvéééééé !”, la gueule maculée de sang, surement à cause de l’uppercut dans la machoire qu’il s‘était pris quelques secondes plus tôt.

Je fus surpris à mon tour mais contrairement à lui j’avais l’expérience. Sa hache ne rencontra que la cheminée lorsqu’il voulut me blesser et alors qu’il se retrouvait sans arme je le poussai à nouveau du pied et ce coup-ci il bascula en hurlant. Encore un crac, puis plus de bruit.

Je repris ma fuite sur les toits, sans un bruit, me faufilant d’ombre en ombre. Je ne m’arrêtais plus sauf pour écouter les déplacements des légionnaires. Je remarquai, quand j’arrivai au temple des Tribuns, caché dans les sous sols de la cité, mon contact. Un autre grand elfe noir, comme moi, convaincu que les Tribuns n‘étaient pas morts. Que le Nérévarine ne les avaient pas tués. Notre ordre l’avait déjà fait payé personnellement ses actes. Le Nérévarine n‘était plus. Et les Tribuns allaient revenir. C‘était une question de temps.

Je m’approchai un peu moins prudemment, quand j’approchai de Tung. Ses yeux rougeoyaient dans l’Ombre, sa peau couleur nuit et ses cheveux blancs ne détonnaient pas avec l’ambiance lugubre des lieux. Je lui ressemblait beaucoup, quoi qu’un peu moins musclé mais plus agile. Je le saluai, et il me tendit une bourse pleine de septims quand je lui tendis l’objet que j’avais dérobé.

“Bon boulot, Hegyath. Tu seras ravi de savoir que l’Ordre a encore du boulot pour toi.”

Il semblait content.

“On a trouvé une piste pour le Coeur de Vivec, on sait où il est. On va pouvoir ramener le premier des 3 tribuns. Il y a un mage à nous qui te téléportera à Balmora, sur Vvarfendell. De là, prends le bateau vers Tel Branora. Il y a d’anciennes grottes dans les montagnes de la région. L’une d’elles est une de nos planques. Tu y trouveras des gens qui te diront où chercher.”

Il me tendit une autre bourse.

“Un petit extra, car tu as si bien fait que personne ne soupçonne l’Ordre. Tu mérites bien ça. Pars maintenant.”

Sa voix résonnait encore dans ma tête quand je m’avançai dans la cathédrale souterraine pour aller vers la chapelle. Le mage semblait m’attendre. Un vieux, peu de cheveux sur le caillou. Le visage bousillé par les années. Je me demandais toujours pourquoi nous faisions appel à des mages qui n‘étaient pas dunmers. Ils était meilleurs, certes, mais aussi moins sûrs à mon avis.

Quand le sort fit son effet, un haut-le-coeur me prit, comme à l’habitude, et j’atteris pris de nausées dans notre planque de Balmora, dans le sous sol du Club des Six, un repaire de brigands et de voyous. Il fallait que je prenne le bateau, maintenant. Rah, et dire que j’ai le mal de mer…

(suite peut-être une autre fois)

Une nuit pas comme les autres

Lundi 16 juin 2008 par glooze. Classé dans Plume | Aucun commentaire »

Je me réveillai patraque. Enfin pas plus plus que d’habitude, se shooter à la coke ça ne pardonne pas au réveil.

Je m‘étirai, entendant mes os craquer. Je m’habillai en vitesse pour sortir de mon lit. Mon appartement était plongé dans l’obscurité, mais cela ne me dérangeait guère. Je vivais la nuit, désormais, changement de job oblige, et ça ne m’avait guère dérangé, j’aimais la nuit.

Dehors, le teint pâle de certaines personnes que je croisais m’effrayait un peu. C’est pas que je craignais de tomber malade, mais j’avais néanmoins gardé mes habitudes d’ancien malade chronique. J’avais été guéri depuis, j’avais déménagé, tout s‘était arrangé. Enfin presque tout. Cela faisait 10 ans que je bossais pour un vieux bonhomme, du genre intellectuel, bien sapé, snob… Il me semblait toujours bien étrange, surtout que pour je ne sais quelle raison il était aussi bien éveillé que moi durant la nuit. J’ignorais tout de son boulot, mais je savais qu’il avait de la thune.

Avec d’autres gros bras, on avait pour boulot de garder sa demeure, une énorme villa hors de la ville. L’architecte avait du être aussi shooté que moi pour pondre une bâtisse pareille, complètement tordu, avec des tours et des pseudo-donjons partout. Il y avait même des souterrains, et les jardins étaient criblés de statues de bestioles plus moches les unes que les autres. Notre employeur nous avait donné comme consigne de toujours rester vigilant. De revérifier plusieurs fois les ombres si on y avait entendu du bruit mais rien vu.

J’y bossais depuis 4 mois. J’avais d’abord été instructeur pour la police, j’enseignais le close combat aux jeunes recrues, jusqu‘à ce que la maladie me touche. J’aurais jamais cru que je ferais parti des séropositifs un jour. J’ai toujours regretté d’avoir couché avec cette jolie brune à la sortie d’une boîte. Je ne me souviens pas de la nuit d’après. C’est pendant des examens habituels que les médecins eurent un doute et découvrirent mon état. J’ai décidé de quitter mon job pour suivre un traitement et quelques mois plus tard je rencontrais par hasard mon employeur actuel.

Un de ses vigiles était grièvement blessé, et délirait en parlant de démons et de griffes. Effectivement, il semblait gravement blessé sur le torse, de ce que je pus voir avant de voir la porte se fermer et cet étrange bonhomme me parler. Il fut intéressé très vite lorsque je lui ai raconté ma vie. Et il m’a dit qu’il avait un remède. J‘étais désespéré. Je l’ai cru. Et j’ai eu raison. Le liquide qu’il me fait boire régulièrement depuis me fait un bien fou. Je suis toujours séropositif d’après les médecins, mais ils ne s’expliquent pas comment je peux me sentir bien.

Bref, vous comprenez que depuis je l’ai suivi dans sa nouvelle demeure. J’ai aidé aux déménagements de ses affaires, de vieux bibelots usés, des armes de collection, spécialement des épées en argent ou d’autres serties de gemmes et pleines de gravures dans un langage que je connaissais pas. Il avait décoré les souterrains de cercueils, de toutes formes, toutes tailles. Les tableaux qu’il avait étaient tous étranges, parfois sordides, parfois tristes, souvent effrayants. Et ce soir, lorsque je franchis les grilles de la demeure et me dirigeai vers mon poste, je souris, car ma nouvelle vie me plaisait vraiment.

Je commencai ma ronde, comme d’habitude. Notre boss ne m’avait jamais dit son nom, sa boite aux lettres n’en avait pas. Il serait absent au début de la nuit, car il avait apparamment une réunion mondaine à laquelle il devait aller. La nuit était calme. La lune pleine éclairait très bien les alentours, et les ombres se faisaient plus rares que d’habitude. Je croisais un collègue, lui faisant un petit salut. Puis soudain, j’entendis un rugissement, dans un bosquet (la demeure était parsemée de petits arbustes et de forêts). Une forme se dirigeait vers la demeure, et un de mes collègues était tout près.

Sans qu’il eut le temps de réagir, et alors que je m‘élançai vers la forme, mon collègue n‘était plus qu’un tas de chair rougeoyant. Je me stoppai, effrayé. La forme commençait à frapper contre le mur de la demeure. Je sortis l’arme que nous avions tous obtenu de notre employeur et la pointait vers la créature. Car c‘était bien cela. Très grande, massive, musclée, et pleine de poils gris, de griffes, de crocs, de rage … Je tirai.

pssscchhh

Le son que produisit ma balle en pénétrant la chair de cette chose m‘étonna, et la créature hurla dans la nuit. Je compris alors ce que c‘était mais ça ne pouvait pas être vrai ! Impossible ! Mais par réflexe, alors que la créature avait fait mine de commencer à descendre, je courai vers des collègues, pour que l’on soit plusieurs à blesser le loup-garou. Car ça ne pouvait être que ça. Et ma balle l’avait juste blessée, pas tuée. Loin de là.

Je sentais les pas lourds de la créature dans mon dos. Elle me poursuivait. Je tournai sur l’angle de la demeure, entendit des griffes crisser sur le sol derrière moi. Le loup garou glissait sur les pavés marbrés du chemin. Des collègues arrivaient, ainsi que trois personnes que je n’avais pas vu jusque là. Ils semblaient se déplacer très rapidement, et ils fonçaient droit vers la créature. Je leur fis signe de s’arrêter, qu’ils n’auraient aucune chance, quand je remarquais un détail. Alors qu’ils couraient vers moi, les yeux se mirent à rougeoyer, des griffes remplacaient leurs ongles, et je levai mon arme.

Je fus alors envoyé bouler par l’un des trois trucs, et je les vis affronter la créature. Je ne comprenais pas. Ils n‘étaient pas des monstres, comme elle ? Mes collègues allaient intervenir, quand un autre loup garou arriva derrière eux, le museau fumant, de la bave sur les babines. Je visais et vidais mon chargeur sur la bête, les alertant ainsi du danger qui venait vers eux. Ils tirèrent également mais furent vite réduits en petits morceaux de chair sanguinolente. Je dus faire d’immense effort, et me concentrer sur le rechargement de mon arme pour ne pas vomir. Je tirai à nouveau un chargeur complet sur la créature. Cela la ralentit.

C’est alors que je jetai un coup d’oeil sur l’autre loup-garou. Il était encerclé par les trois choses qui arrivaient avec peine à le combattre. Je rechargeais à nouveau, tirais sans m’arrêter sur le loup garou blessé. Chaque balle semblait le ralentir davantage, il semblait de plus en plus hésitant mais … il fonçait toujours vers moi. Je me mis à courir, encore. Je n’avais plus de chargeurs. Il y en avait dans la salle de repos des gardes, dans l’arrière du jardin. En y fonçant, je cherchai les clefs. Derrière moi, encore, des pas lourds, mais plus lointain. J’ouvrais en vitesse la porte, me demandant comment je parvenais à garder mon sang froid. La créature ne pouvait pas passer par la porte, mais le bois de l’abri ne tiendrait pas longtemps. Je trouvais d’autres chargeurs, les mit dans ma poche sauf un que je mis dans l’arme.

A nouveau, je vidais un chargeur. La créature broncha, hurla à nouveau, ce qui était assourdissant d’aussi près, quand elle fit une drôle de “tête” si l’on pouvait dire ça. Puis elle chercha à sortir, et je la vis littéralement décoller du sol, projetée à quelques mètres, par l’une des choses qui avait attaqué l’autre. J’allais crier, quand l’aspect de l’autre personne redevint normal, et qu’elle me tendit un fusil à pompe, et des balles d’une couleur inhabituelle.

“L’argent, ça marche mieux. Couvre-moi.”

Et il se changea à nouveau, pour affronter la bête. Je sortis, machinalement, chargeant l’arme. Le combat entre ces deux monstres était impressionnant. Le loup garou était plus grand et plus fort, mais l’autre plus rapide, plus vif, plus réfléchi. J’attendis une ligne de mire, en m’approchant près, et je tirai. La déflagration fut grande, et le loup garou eut visiblement vraiment mal ce coup-ci. L’autre put alors le griffer profondément dans le cou pendant qu’elle tombait. Je tirais encore quand l’autre me stoppa d’un geste.

“Faut s’occuper de l’autre. Viens. C’est presque fini.”

En effet, l’autre loup-garou était bien abîmé par les coups de griffes des deux autres trucs. Je chargeai mon arme, m’approchant en courant. Une fois tout près, je tirai. La bestiole tomba, et les trois furent sur elle, la déchiquetant. Puis tous, quand la bestiole mourut, reprirent un aspect tout ce qu’il y avait de plus humain. On y discernait juste certains traits animaux.

“T’as bien bossé, mon gars. Je crois que son Excellence va être content de toi. T’auras peut-être même une grosse récompense.”

Quelques minutes plus tard, en effet, mon boss revenait, apparamment calme mais inquiet. Il regarda les autres corps dans ses jardins, que les “trucs” étaient en train de déplacer. Il me fixa d’un oeil étrange.

“Je crois que je te dois quelques explications. Sans toi, j’aurais peut-être perdu plus de subordonnés.”

Le soir même, il me parla de beaucoup de choses. Lui même était un vampire, d’après ce qu’il me dit. Et c‘était bien des loups garous, ne sachant pas qu’il ne serait pas chez lui et qu’il avait d’autres vampires comme gardes, qui nous avaient attaqués. Il m’expliqua que les vampires n‘étaient pas comme dans les films. La plupart ne tuait pas les humains, car sinon ils mettaient en danger leur existence. En effet, les vampires ne sont pas tout à fait immortels. La lumière, quelques balles au phosphore, et finie la vie éternelle. De plus, lui et les siens n‘étaient pas les seules créatures de la nuit, d’autres existaient. Il m’avoua enfin que si j’allais mieux depuis quelques temps, c’est parce que le médicament qu’il me donnait était en fait un peu de son sang. Que cela me renforcait, me rendait un peu plus résistant, rapide, que les mortels “normaux”. Enfin, alors que sous le choc et la fatigue ma tête me tournait, il me dit qu’il voulait me faire un cadeau, me rendre comme lui.

J’eus peur. J’hésitais pendant une semaine, continuant à garder la demeure. Etait-ce réel ? En l’observant, je m’en rendis compte, et je me demandais comment je n’y avais pas pensé avant. Et les personnes blafardes, dans les rues ? Des vampires ? Finalement, ma curiosité, la peur de mourir du sida … J’acceptai le dernier soir. Et lorsqu’il me mordit, qu’il but mon sang jusqu‘à la dernière goutte, tout ce que je ressentis fut une énorme extase, et je m‘évanouis.

Je repense à tout ça à l’instant, je viens de me réveiller, et je sens le changement. Depuis un mois, au fond de moi, se terre une bête comme celle que les vampires qui servaient de gardes avait montré, extériorisé. La contrôler n’est pas trop difficile, et je repense à la période pendant laquelle j‘étais humain pour me raccrocher à des principes moraux. Je m‘étais nourri, déjà. Une jolie étudiante, un soir. Une extase comme je n’en avais jamais connu. Ma victime avait visiblement ressenti la même chose. Je l’avais reconduite chez elle, et était retourné voir mon sire. Car c’est comme cela que l’on appelait le vampire qui vous avait étreint. C‘était un vampire du clan Daeva. Nous avions pour particularité de charmer facilement, de décupler notre force, et de contrôler légèrement (du moins à mon niveau) des humains.

Le Requiem, ainsi appelait-il la non-vie éternelle qui s’offrait à nous, était longue, et certains vampires s’isolaient, tandis que d’autres se regroupaient, pour ne pas passer leur vie seuls. Mon sire avait donc régulièrement des rapports avec des gangrels, des vampires proches des animaux, et certains l’appréciaient et travaillaient pour lui.

Maintenant je fais partie de tout ça. Je ne crains plus les maladies, la famine.

La soif, par contre …

Une soirée comme une autre …

Mardi 10 juin 2008 par glooze. Classé dans Plume | 2 commentaires »

La pluie tombait sur la paroi fine et transparente qui me séparait du froid de l’hiver.

Deux ans que j‘étais arrivé ici et déjà je m‘étais lassé. Non pas que le climat soit en cause. Je ne m‘étais juste jamais fait à ce qui était arrivé depuis que j‘étais ici. C‘était différent avant le Changement. Des gens simples, des guerres mortelles mais simples …

Tout avait commencé quand une comète avait heurté le soleil. D’après les scientifiques de l‘époque, rien à craindre, les différentes expositions prolongées qu’allaient subir les gens n’auraient aucune conséquence. Etaient-ils au courant ? Sommes nous tous le fruit d’une volonté d’expérimentation ? Toujours-est-il qu’un blackout de trois jours eut lieu lors de la collision entre la comète et le soleil, qui entra dans une grande série d‘éruptions solaires, baignant notre planète polluée de rayonnements divers et variés. Je ne suis pas scientifique, mais 10 ans plus tard les effets se montraient. Beaucoup de gens développaient des capacités pas normales, parfois horribles, souvent incontrôlables.

Les gouvernements comme les dirigeants religieux réagirent comme n’importe qui : ils eurent peur. Pendant un temps les Changés étaient poursuivis, traqués, marqués… Et finalement devant leur nombre croissant, certains pays décidèrent de les accueillir, et formèrent des unités de flics doués de capacités extra-normales. Pour ma part, ça a commencé y a 8 ans. Ma famille aurait pu me dénoncer, mais ils ne l’ont pas fait. Je ne saurai jamais pourquoi, puisque je suis parti …

Il fallait que je sorte acheter des clopes. Foutus salauds de fabricants de cigarettes … Le prix était immense, mais je n’arrivais pas à arrêter. Pire j’en avais besoin. La dépendance à la cigarette s‘était développée depuis toutes ces années. Je ne pensais pas pouvoir m’en débarasser un jour. Je sortai de mon appartement, l’imper enfilé en vitesse dans les vieux escaliers de mon immeuble décrépit. J’ouvrais la porte en un grincement, et aussitôt j’entendis la pluie. Je marchais en hâtant le pas, et décidai de prendre un raccourci. Une petite ruelle parisienne comme y en a plein, avec juste de temps à autre des clochards.

Je marchais dans une flaque et jurait, je venais de salir mon pantalon. Quand je relevais les yeux, la ruelle était beaucoup plus sombre, et en quelques secondes je ne vis plus rien. J’attendis, cherchant à savoir combien il y en avait. Je concentrais de l‘énergie dans ma main droite, et un nouveau sens me permit de “goûter” l’air, d’en absorber une partie, de le mettre en mouvement, de le chauffer et enfin une flamme jaillit de ma main vers l’une des créatures félines, faite d’ombre animée, qui s’apprêtait à me sauter dessus. Pendant ce temps, l’autre, surprise, me cracha dessus, et s‘élança à son tour. Mais j’avais l’habitude et une autre jerbe de flamme partit de main gauche ce coup ci et explosa sur la poitrine de la créature dont les yeux rouges me foudroyaient encore alors que comme l’autre elle s‘évaporait en se désagréageant, comme du vieux papier journal, dans les airs. La ruelle regagna sa clarté habituelle, et je regardais ma montre.

20h55. Putain, ce con de tabac allait fermer, j’avais plus qu‘à marcher un peu …

Retour à la maison…

Dimanche 01 juin 2008 par glooze. Classé dans Ma vie, Plume | Aucun commentaire »

Un mois depuis la fois précédente où j’y étais allé. C’est pas comme si cela m’embêtait, mais la maison et la famille où j’ai grandi me manquaient tous deux.

Ces derniers mois, voir ces dernières années, j’avais eu tendance à préférer rester dans mon coin, à l’autre bout de la france, pour travailler bien tranquillement, avec des horaires flexibles, habitant à côté de mon boulot et pouvant travailler de chez moi. Lyon, c‘était quand même le pied, la ville est belle, grande, il y a plein de gens sympa, je m’y suis fait des amis, et je dois le dire, je m’y sentais bien.

Le TGV file à travers champs, vallons, tunnels, la pluie tombe sur les vitres et le temps est pourri. Comme d’habitude depuis trois semaines, à croire que le soleil a pris ses vacances cette année. Je réfléchis à tout ce que j’ai vécu, et à ceux qui attendent impatiemment que j’arrive à Dunkerque. 8h30, le soleil ça aurait fait beau, mais non, dans la correspondance à Lille, j’attend dans la gare, la pluie dehors n’arrêtait plus.

Les écouteurs sur les oreilles, je ne prête pas d’attention aux gens, mais je remarque que certains d’entre eux étaient pâles. Ahah, encore une rechute de la grippe aviaire, elle nous enterrera tous !

Je monte dans le TER. Dans une heure je suis arrivé. Là encore, dans le train, on dirait que tout le monde a la crève. J’espère ne pas la chopper, pour la refiler à toute ma famille après, non merci. Je sombrais dans le sommeil, pour me réveiller au passage à la gare de bergues. Bien, j’suis arrivé dans dix minutes, il est 9h50, j’suis chez mes parents dans une heure max.

Il pleut toujours, le ciel se fait menaçant, comme si l’orage allait éclater. Je descends du train, je vais à l’arrêt de bus. Peu de monde dehors, tiens … Bah, vu le temps … Le bus arrive. Vide. Le chauffeur semble étonné de me voir, me dit quelque chose. Je monte et me met au fond. Putain de temps de merde. Le chauffeur roule. Je le vois me jeter des coups d’oeil bizarres, mais bon, pas grave, c’est pas comme si ça m’arrivait tous les jours…

Je descends aux goëlettes. Des loubards sont à l’arrêt de bus, et me regardent eux aussi bizarrement, je fais pas gaffe et monte l’escalier vers chez mes parents. Je tape à la porte. Aucune réponse. Je tape à nouveau. Ca s’entrouve. Ma soeur m’aperçoit, m’observe, ouvre grand la porte, regarde aux alentours, me tire par la manche en disant “Entre vite !”. Je dis bonjour, et je demande pourquoi cet accueil.

“Tu n’as rien vu ? Et les infos ?”, me demande ma mère.

“Euh, non, j‘écoutais de la zik.”, répond-je sans sourciller.

“Bon … c’est bizarre … mais régulièrement, depuis 4h du matin, y a des mecs qui choppent des maladies qu’ont disparu… genre peste, choléra, tout ça, même ceux qui sont vaccinés ! Et ces mêmes gens se mettent à attaquer tous ceux qu’ils croisent…”

Je les regarde, l’air de pas comprendre, de me demander si c’est une blague. Mais ils soutiennent mon regard. J’ai une soudaine migraine. Mais ça passe vite, puis je leur demande si je peux me changer, car je suis trempé. Ma mère déballe mon sac et me sort des affaires de rechange pendant que j’enlève mes chaussures et ma veste. Puis je prend mes affaires de rechange.

Je monte à l‘étage. Mon frère est dans ma chambre d’avant, en train de jouer à la PS2. Mouais, ça, ça change pas. Je m’enferme dans la salle de bain. Je retire mes vêtements et je vais dans la douche. Je commence à siffloter, en repensant à ce qu’on vient de me dire. On se croirait dans un film catastrophe pour un peu. Ça peut pas être si grave que ça, j’aurais vu plus de choses que ce que j’avais vu.

A nouveau un vertige. Putain, saleté de temps. Je finis ma douche, me rhabille, puis je sors. Je m’apprête à discuter avec mon père quand une quinte de toux me prend. J’ai du sang sur ma main.

“Désolé” sont les derniers mots que j’ai entendu de ma bouche. Puis plus rien.

PS : Oui oui j‘écris nawak, le style est naze, c’est du revu 500 fois, mais j’avais envie, et c’est mon blog, na :p