GNU/Linux pour les nuls

Mercredi 02 juillet 2008 par glooze. Classé dans Ma vie |

Suite à l’un des commentaires que j’ai eu dans mon billet causant de mon fanatisme, je me lance, je vais vous dire les choses à faire et à ne pas faire pour expliquer simplement ce que c’est que Linux, GNU/Linux, une distribution et les logiciels libres (dans le désordre).

(tux, une des nombreuses mascottes du libre)

1 – Les logiciels libres, c’est quoi ?

Vous utilisez déjà des logiciels si vous avez un ordinateur. Quand vous allez sur internet, quand vous rédigez un mail, ou un document texte. Seulement, actuellement, si vous utilisez Word, ou Internet Explorer, ou encore Outlook, vous utilisez des logiciels propriétaires. Des logiciels dont personne à part les gens de chez Microsoft ne connaissent le fonctionnement. Sous mac c’est la même chose avec iTunes, iDVD, iPhoto … Sans mises à jour de Microsoft ou Apple, si quelque chose marche mal, vous ne pouvez qu’attendre une mise à jour qui n’arrivera peut-être jamais.

Un logiciel libre, tous les textes nécessaires à un programmeur pour savoir comment est fait tout le logiciel est disponible. N’importe quel développeur dans le monde peut voir et tenter d’améliorer (pour lui et en même temps pour les autres) le logiciel. Les mises à jour sur les logiciels libres très utilisés sont courantes ! Plus régulières que pour des logiciels propriétaires ! Enfin, un logiciel libre, vous pouvez le redistribuer librement à qui vous voulez, autant de fois que vous voulez, c’est légal et encouragé !

Les gains pour vous sont nombreux, les logiciels libres sont souvent (mais pas toujours) plus rapides et plus stables. Parfois même plus ergonomique, mais c’est plus rare.

Vous utilisez Firefox ? Ou OpenOffice ? Bravo, vous utilisez déjà des logiciels libres.

Firefox

2 – Linux et GNU/Linux

Bien, vous savez maintenant ce qu’est un logiciel libre, et que vous avez peut-être découvert que vous en utiliser sous Windows ou Mac OS X, vous vous demandez peut-être s’il existe un équivalent à windows, mais libre. Cela existe, mais parlons tout d’abord de la base.

Un système d’exploitation (c’est le nom compliqué qu’on donne à Windows ou Mac OS X), pour fonctionner a besoin de logiciels. On a vu que les logiciels libres, cela existe. Mais pour aboutir à un système entièrement libre, il fallait un noyau de système d’exploitation libre. Un finlandais du nom de Linus Torvald a un jour durant l’année 1991 mis sur internet les sources (les textes pour les programmeurs, dont j’ai parlé tout à l’heure) d’un noyau de système d’exploitation, récupérables et distribuables, améliorables … Bref, c‘était un noyau de système d’exploitation libre.

Des années plus tard, après des développements par toute une communauté, Linux (le nom final donné à ce noyau) a bien grandi, et l’on appelle les logiciels libres qui permettent d’avoir un système d’exploitation basique basé sur Linux les outils GNU (GNU is Not Unix) du nom d’une fondation qui promeut les logiciels libres. L’ensemble (le noyau Linux plus les logiciels essentiels pour avoir un système de base) est appelé un système GNU/Linux.

3 – Et les distributions, alors, c’est quoi ?

C’est la suite logique. L’un des buts du logiciel libre, c’est de partager les sources des logiciels. Donc de savoir comment tel ou tel logiciel fonctionne. Les programmeurs, eux, sont comme tout le monde, ils ont des goûts différents. Moi j’aime la glace à la fraise. Vous, vous préférez peut-être la glace à la vanille. C’est toujours de la glace, et on trouve la recette des glaces et sorbets sur Internet. Gardez ça à l’esprit, vous allez comprendre.

logo ubuntuLogo Fedora

(Ubuntu ou Fedora ? C’est à vous que le choix appartient …)

Nos programmeurs, donc, avec des goûts différents, écoutent tous les deux de la musique. D’ailleurs ils n’aiment pas non plus la même musique, et n’utilisent pas les mêmes choses dans le logiciel de lecture musicale (qui est libre, bien sur). Supposons qu’ils aient les compétences pour créer un logiciel de lecture de musique. Ils peuvent reprendre les sources du logiciel qu’ils utilisent, et l’adapter à leur besoin. Parfois, on obtient à la fin des logiciels très différents ! Souvenez-vous de mon exemple des glaces aux goûts différents, alors qu’il n’y a qu’un ingrédient qui change.

On a donc plein de logiciels pour faire les mêmes choses. Donc, si vous prenez un système GNU/Linux, et des logiciels autour (supposons des logiciels de bureautique, un logiciel pour écouter de la musique, pour regarder des vidéos …) vous obtenez une distribution GNU/Linux. Pourquoi il y a plein de distributions ? Parce que les gens derrière cette distribution ont des goûts différents, et aiment utiliser des logiciels différents.

4 – Quelle distribution GNU/Linux choisir, alors ?

Pour faire simple, vous pouvez avoir, au final les mêmes logiciels sur votre ordinateur, peu importe la distribution GNU/Linux que vous utilisez. C’est vraiment juste une histoire de goût la plupart du temps. Je dis la plupart du temps car deux distributions sont vraiment orientées grand public, avec des logiciels pour simplifier l’utilisation au quotidien de GNU/Linux : Ubuntu et Fedora.

(Puisque je vous dis que c’est une histoire de goût !)

Ces deux distributions proposent ce qu’on appelle des liveCD. Vous mettez le CD dans le lecteur, vous redémarrez et si votre ordinateur est configuré pour pouvoir démarrer à partir d’un CD, vous pourrez essayer la distribution, sans rien installer sur votre ordinateur ! Et si cela vous plaît, il y a un petit logiciel d’installation sur le bureau qui vous permet d’installer pour de vrai la distribution sur votre ordinateur ! Idéal pour découvrir sans risque GNU/Linux !

Des gens déjà très à l’aise sous GNU/Linux préféreront des distributions qui sembleront plus compliquées au débutant comme debian, slackware ou gentoo. Ces distributions se passent parfois des logiciels “faciles” pour privilégier l’usage de ce qu’on appelle la console, ou encore le terminal. Cela ressemble vaguement à du DOS, et cela permet de lancer directement des programmes même sans interface graphique. C’est bien sur moins joli, mais ne pensez pas que c’est moins ergonomique, certains fanatiques vous contrediront !

(une jolie collection de cd ubuntu, tous reçus gratuitement)

5 – Ok, j’ai essayé ça me plait, mais sous Windows mes jeux fonctionnent, et ma carte TV aussi, alors que sous GNU/Linux, non !

C’est un effet secondaire du monopole Windows sur les PC. Tout, que ce soit les jeux, les pilotes, les logiciels, est d’abord fait pour Windows. C’est fait très rarement pour Mac, et encore plus rarement pour Linux. C’est facile : 90% des sites web, des serveurs de mail, sont sur des machines linux. Par contre, en utilisation à la maison, GNU/Linux c’est à peine 1% des machines de bureau dans le monde.

Donc les constructeurs, les éditeurs de logiciels, de pilotes, préfèrent prévoir leur matériel et leurs pilotes pour Windows. Il y a bien des solutions pour pouvoir parfois faire tourner certains jeux et logiciels pour Windows sous GNU/Linux (Wine), utiliser des pilotes windows, notamment pour le wifi (ndiswrapper)...

Max payne sur ubuntuMorrowind

(on peut jouer sous GNU/Linux, c’est juste pas 100% au point)

6 – T’as pas arrêté de dire GNU/Linux, on peut pas dire Linux tout court ?

Par amalgame, c’est fait par beaucoup beaucoup de gens (moi y compris). La force de l’habitude. Mais Linux ne désigne que le noyau. GNU/Linux désigne le noyau plus les outils de base …

Un jour, les gens ne se tromperont plus, peut-être …

7 – GNU/Linux c’est libre, ok. Mais y a d’autres trucs que Linux ?

Oui. Hurd (qui avance de manière moribonde). Ou encore les noyaux BSD (ça c’est vivace, y a même des distributions BSD comme NetBSD, OpenBSD, FreeBSD …). BSD, c’est le nom d’une licence libre, et certains bouts du noyau comme des logiciels BSD sont repris sous Windows et Mac OS X, parce que la licence BSD autorise de prendre sans redistribuer le source. La licence GPL oblige à redistribuer le source (Linux et les outils GNU sont sous licence GPLGNU Public Licence).

Comme vous pouvez le voir, le monde du libre ne se limite pas à linux.

8 – Et les sous ? Comment ça vit, le logiciel libre ? Qui c’est qui développe du libre et pourquoi ?

Excellente question ! Quand tu achètes un logiciel propriétaire, tu paies en fait le droit d’utiliser le logiciel. Ensuite, souvent (hormis pour les produits microsoft) tu as un support fourni avec la licence d’utilisation que tu as payé.

Le logiciel libre, c’est un fonctionnement différent. Vous ne paierez quasiment jamais le logiciel (libre ne veut pas forcément dire gratuit, et inversement), mais vous pouvez, si vous le souhaitez, avoir un support professionnel auprès d’entreprises qui savent, elle, utiliser le logiciel. Ce sont des sociétés de service en logiciel libre (SS2L). Certaines distributions GNU/Linux, en échange d’une somme d’argent, vous proposent un support professionnel pendant un certain temps. On vous fait payer les services autour du logiciel et pas le logiciel lui-même.

De plus, certaines grosses sociétés, comme Novell, IBM, Sun, ou encore Google, qui utilisent beaucoup de logiciels libres, paient leurs développeurs pour travailler sur des logiciels libres, un certain nombre d’heures par semaine, par exemple. On ajoute à ceux là les développeurs très qualifiés, travaillant pour du propriétaire, et profitant de leur temps libre pour participer à l’amélioration de logiciels libres. Enfin, il y a certaines SS2L qui participent aussi activement aux projets libres.

9 – Une conclusion ?

Les logiciels libres ne sont pas faits pour être seuls sur le marché, mais pour donner un choix à l’utilisateur. Pour garantir une innovation en plaçant sur le marché logiciel des logiciels dont les propriétaires ne peuvent pas être coulés, rachetés, ou évincés par quelque méthode que ce soit. Cela pousse les entreprises à innover au niveau logiciel pour proposer de meilleurs logiciels. Cela ne peut être que bon pour les utilisateurs que nous sommes tous.

De nombreuses villes accueillent des évènements où l’on fait des démonstrations et des conférences à propos du libre, n’hésitez pas à les rechercher ! Pour cela, pensez à l’agenda du libre.

(Les images de ce billet sont propriétés de leurs auteurs respectifs. Seules les deux images montrant les jeux sur linux sont de moi.)